journée internationale de lutte et de solidarité de tou-te-s les travailleurs-euses, chômeurs-euses, précaires et de tou-te-s celles et ceux qui rêvent d’un autre monde !
Non, le 1er mai n’est pas une « fête du travail » : c’est l’extrême-droite et les exploiteurs qui ont détourné le sens de cet événement majeur de l’Histoire des opprimé-e-s !
« Until rabbits have their own historians,
history is told by the hunters. »
(Tant que les lapins n’auront pas d’historiens,
l’histoire sera racontée par les chasseurs)
Howard zinn
Le 1er mai, une histoire encore, de nos jours, méconnue …
Elle commence aux États-Unis le 1er mai 1886 (1), jour où les organisations ouvrières IWPA (international working people’s association) et AFL (American Federation of labour) appellent à un mouvement de grève pour obtenir une revendication légitime pour laquelle elles se battaient depuis longtemps déjà : la journée limitée à 8 heures de travail (inutile de rappeler qu’il était, à cette époque, coutumier, notamment pour les enfants, de devoir travailler en moyenne12 heures par jour, 6 jours sur 7).
Malgré les pressions exercées par le patronat, ses milices privées, l’état et sa police pour que cette grève n’ait pas lieu, 350 000 travailleurs-euses de 11 562 entreprises de tout le pays débrayèrent !
2 jours plus tard, le 3 mai, à Chicago (Illinois), là où le patronat local avait acquis une forte réputation de dureté, un drame se produisit : la police tira sur les grévistes qui bloquaient l’usine McCormick harverster works faisant 4 morts et de nombreux blessés.
3000 personnes se rassemblèrent pacifiquement dès le lendemain, le 4 mai au soir, au Haymarket Square pour un meeting de protestation. Au moment du dispersement des manifestants par la police, une bombe explosa et provoqua d’atroces représailles : la police fit feu sur la foule faisant de nombreux morts et quelques 200 blessés.
Sans même connaître l’auteur de l’attentat (alors que des indices démontrent les procédés d’un agent provocateur)(2), cet événement servit de prétexte à l’une des plus féroces répressions dont le mouvement ouvrier fut la victime : 8 militants révolutionnaires les plus en vue de Chicago sont immédiatement arrêtés, déclarés coupables après une parodie de justice et condamnés à mort. Leurs seuls torts résident dans leurs opinions et leurs écrits : ces 8 martyrs avaient un point commun, ils étaient tous anarchistes !
La tragédie entraina une réaction internationale. Des manifestations eurent lieu partout en Europe. Le célèbre auteur George Bernard Shaw déclara : « si le monde doit absolument perdre huit de ses habitants, il serait bon qu’il s’agisse des huit juges de la cour suprême de l’Illinois ».
1 an après le procès pour l’exemple, le 11 novembre 1887, 4 des anarchistes condamnés – Albert Parsons (imprimeur), Auguste Spies (tapissier), Adolphe Fischer (typographe) et George Engel (cordonnier) – furent pendus. Louis Lingg, un jeune charpentier de 21 ans se suicida dans sa cellule. Les 3 autres – Samuel Fielden, Michel Schwab et Oscar Neebe – restèrent en prison.
La pendaison publique fût organisée sur invitation. Tous les capitaines d’industrie, les riches et les puissants comme la famille McCormick se sont retrouvés en privé pour assister à l’exécution sommaire des responsables syndicaux qui les gênaient dans leurs manœuvres patronales. Sur place, lorsqu’un journaliste complaisant demanda à un des invités pourquoi il était venu à cette exécution, ce dernier répondit : « je suis venu assister à la mort du mouvement ouvrier » !
Ces mises à mort arbitraires soulevèrent l’indignation dans tout le pays. A Chicago, 25 000 personnes participèrent à une marche funèbre tandis que 60 000 personnes signèrent une pétition adressée au tout nouveau gouverneur de l’Illinois, de tendance progressiste, qui ordonna finalement une enquête, demanda à ce que tout soit oublié et gracia les 3 condamnés emprisonnés.
Dans tout le pays, furent organisées ensuite chaque année des manifestations à la mémoire des martyrs du Haymarket et nombre de prises de conscience politiques militantes révolutionnaires naitront de cet événement : tel fût le cas pour Lucy Parsons et Emma Goldman notamment(3).
Le congrès international de paris (2ème internationale), en 1889, conçut la résolution de proclamer le 1er mai jour férié du prolétariat universel et journée de la lutte pour les 8 heures : jamais une intention n’a trouvé un écho aussi puissant et déterminé au sein du grand peuple des déshérités !
Il faudra attendre le 23 mai 1919 pour que l’état français daigne instaurer la journée de 8 heures et le 1er mai chômé !
L’Histoire des luttes des bretonnes et des Bretons pour se libérer de l’oppression est, de la même façon, systématiquement, dissimulée, étouffée, écrasée par les intérêts contraires des pouvoirs en place : quel manuel scolaire ou livre d’Histoire révèlent que la première grève féminine d’Europe a été portée par les ouvrières de la mine de Poullaouen dans le Poher en Cornouaille en 1767 ?
Bien loin donc de la perfide « fête du travail » instaurée par Pétain en 1941 (tragiquement toujours inscrite officiellement dans tous les calendriers), de ses flons flons et mièvres et vénaux brins de muguet :
Nous, Douar ha Frankiz, appelons à manifester
le 1er mai 2026 à Pontivy
pour respecter et honorer la mémoire
des martyrs de Haymarket
et étendre le combat contre toute forme de domination !
- la plupart des informations de ce communiqué sont tirées des ouvrages suivants :
- une histoire populaire des états-unis, de 1492 à nos jours d’howard zinn, Agone, mémoires sociales,1980.
Olivier azam et daniel mermet ont adapté cette œuvre pour le cinéma sous forme d’un triptyque : première partie du pain et des roses (les mutins de pangée, 2015). La deuxième partie est en cours de réalisation et la troisième fait l’objet actuellement d’un financement participatif ;
- Increvables anarchistes : Histoire(s) de l’anarchisme, des anarchistes et de leurs foutues idées au fil de 150 ans du Libertaire et du Monde Libertaire, des origines à 1914, vol. 1, éditions du Monde Libertaire (Paris) et d’Alternative Libertaire (Bruxelles).
- l’agence de détectives Pinkerton employait déjà à l’époque plus de 10 000 agents au service du patronat et étaient notamment chargés d’infiltrer les mouvements ouvriers pour renseigner la police, casser les grèves, insuffler la dissension et attiser les tensions avec des provocations telles que celles de Haymarket.
- le mémorial consacré au drame porte une citation gravée d’Auguste Spies : « the day will come when our silence will be more powerful than the voices you are throttling today » (le temps viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd’hui).
2 commentaires
Bonsoir a toutes et a tous, je suit quelques peut incomplet votre résumé sur les origines du 1er Mai, mais toutefois tout me semble vrai.
Personnellement demain je vais manifester en petit nombre dans ma petite ville de 15000 habitant pour les droits aquí pour les travailleurs et travailleuses, et ce passage la en France a été beaucoup oublié et déformé.
Bon dit ces belles paroles.
Bonne manif demain a tous et toutes
wish you all the best