Soutien aux militants de Euskal Herrian Euskaraz.

Soutien aux militants de Euskal Herrian Euskaraz.

de Douar ha Frankiz
Soutien aux militants de Euskal Herrian Euskaraz.

Aujourd’hui sont jugés à Bayonne les 4 militants de l’association Euskal Herrian Euskaraz pour avoir peint sur les murs de l’antenne du conseil départemental de Bayonne “  Euskaraz bizi nahi dugu  ( Nous voulons vivre en basque )  “ le 27 septembre dernier .

Lors de l’action, les militants demandaient à pouvoir vivre en langue basque au pays basque. La répression de cette demande légitime est aujourd’hui démontrée au tribunal où 3 des 4 militants peuvent déposer en langue basque puisque possédant des papiers d’identité de l’état espagnol, alors qu’il est nié ce droit au quatrième possédant des papiers d’identité de l’état français. 

Nous apportons notre soutien total aux accusés qui ne font que réclamer le respect élémentaire des droits de l’homme.Chaque personne à le droit de s’exprimer dans sa langue et imposer une langue à une personne est en contradiction avec les droits de l’Homme. La démonstration faite par ces militants est éclairante. Il ne s’agit pas d’une incapacité de la justice française de le faire mais d’un processus d’empêchement et d’un refus de l’Etat français. En effet, le simple fait que trois des quatre prévenus puissent déposer en langue basque et pas le quatrième en raison de papiers d’identité différents démontre bien qu’il ne s’agit pas d’une impossibilité ni technique ni légale mais bien d’une tentative d’assimilation forcée. Euskal Herrian Euskaraz démontrera lors du procès qu’il n’ y a pas si longtemps il était possible de déposer en basque au tribunal de Bayonne et que cela représente un recul des droits pour les bascophones. 

Lors de notre participation à la mobilisation de soutien, nous avons pu avoir des échanges très intéressants et constructifs avec eux ainsi qu’avec les délégations présentes. Nous avons entamé un travail de construction et de lutte collective dans lequel Douar Ha Frankiz compte prendre une part active. Qu’il s’agisse de la Bretagne, ou des autres peuples en lutte, nous ne pouvons pas nous permettre de perdre le moindre pouce de terrain car les attaques contre les autres peuples sont des attaques contre nos droits à court terme. Travailler ensemble à la libération des peuples, le respect de leurs droits, et la revivification de nos langues est un objectif commun auquel chaque peuple a le droit d’aspirer. Nous avons profité de cette occasion pour faire découvrir ou rappeler aux délégations présentes que la problématique bretonne est doublée par la présence sur le territoire de deux langues, le Breton et le Gallo. le fait que tant de délégations découvrent la présence du Gallo en Bretagne nous interroge sur le travail effectué par les bretons ayant été précédemment en contact avec eux.

Soutien aux militants de Euskal Herrian Euskaraz.

Nous étions présents à Bayonne afin de nous mettre d’accord sur des actions collectives mais également pour signer une charte de défense de nos droits linguistiques dont voici le texte:

Communiqué internationaliste

Le 5 février 2026, quatre membres du mouvement Euskal Herrian Euskaraz (au Pays Basque en langue basque) seront jugés à Baiona pour avoir peint « Euskaraz bizi nahi dugu » (nous voulons vivre en langue basque) sur le mur du bâtiment du Département à Baiona le 27 septembre 2025.

Par cette action, ils ont dénoncé le fait que les financements apportés pour la langue basque par les dirigeants des institutions politiques françaises sont très en deçà de ce dont la langue basque a besoin pour sortir de sa situation de langue minoritaire, situation dans laquelle elle a été historiquement mise par les dirigeants de l’État français. Ils ont également dénoncé le fait que ces dirigeants font des locuteurs basques des citoyens de seconde catégorie.

Le 31 janvier 2026 a eu lieu à 12h une mobilisation devant ce même bâtiment afin de soutenir les quatre inculpés et de clamer haut et fort leur volonté de vivre en langue basque.

Dans ce contexte, une conférence de presse était donnée par 14 militantes et militants le 17 décembre dernier devant le palais de justice de Baiona, pour dénoncer le fait que les juges ont ces derniers mois à Baiona interdit à 17 prévenus de déclarer en langue basque au cours de plusieurs procès à l’encontre de militantes et militants oeuvrant pour la langue basque, contre la spéculation foncière et immobilière, et pour la solidarité avec les migrants.

Le problème est donc qu’au Pays Basque les juges eux-mêmes font des locuteurs basques des citoyens de seconde catégorie. Ces juges sont donc juges et parties, et ils ne nous jugent donc pas avec justice et équité.

Selon ces juges, la Constitution française nous interdit de déclarer en langue basque dans les tribunaux. Ceci étant, nous qui oeuvrons à la sortie des langues autochtones de l’État français de la situation de langues minoritaires, nous faisons la déclaration suivante :

Interdire au nom de la Constitution française de déclarer en langues basque, bretonne, gallèse, catalane, corse, occitane… dans les tribunaux est une injustice. En effet :

– il est absolument illégitime d’interdire à quelqu’un de déclarer dans les tribunaux dans une langue autochtone d’un territoire de l’État français ;

– nous sommes les langues que nous parlons, on nous interdit donc d’être ce que nous sommes ;

– notre dignité est ainsi piétinée ;

– nous sommes de ce fait traités comme des citoyens de seconde catégorie ;

– cela privilégie ceux qui veulent vivre en langue française dans les territoires où les langues autochtones sont autres.

Il n’y a pas de justice linguistique pour les locutrices et locuteurs des langues autochtones minorisées par les dirigeants de l’État français. La justice consiste en effet à respecter la dignité humaine et à traiter de manière égalitaire toutes les personnes.

Sur la question linguistique, la Constitution française est injuste, oppressive et linguicide.

Nous exigeons le respect de notre droit légitime à pouvoir déclarer en langues autochtones dans les tribunaux. Plus généralement, nous exigeons le respect de notre droit légitime à pouvoir vivre en langues autochtones dans nos territoires respectifs, exactement comme les francophones peuvent vivre en français à Paris.

Baiona le 30 janvier 2026

Soutien aux militants de Euskal Herrian Euskaraz.

La déclaration dans nos diverses langues :

Difenn en anv ar Vonreizh c’hall komz en euskareg, e brezhoneg, e katalaneg, e korseg, en okitaneg… el lezioù-barn a zo un direizhder. Ha gwir eo :

– ez eo direizh penn-da-benn difenn ouzh unan bennak komz dirak al lezioù-barn en ur yezh henvroat eus un tiriad meret gant ar Stad c’hall ;

– ez omp ar yezhoù a gomzomp, ha dre-se e tifenner ouzhimp bezañ ar pezh ez omp ;

– ez eo breset hon briegezh evel-se ;

– e vez graet ouzhimp, dre-se, evel pa vefemp keodedourien a-eilrenk ;

– e prienteka kement-se ar re a fell dezho bevañ e galleg en tiriadoù ma ’z eo ar yezhoù henvroat re all. 

N’eus ket a justis yezhel evit ar re a gomz ar yezhoù henvroat hag a zo minorelaet gant pennoù ar Stad c’hall. Ar justis, e gwirionez, a zo doujañ da enor mab-den hag ober ouzh an holl dud en hevelep doare.

War dachenn ar yezhoù ez eo direizh, gwaskus ha yezhlazher ar Vonreizh c’hall.

Goulenn a reomp groñs ma vo doujet d’hor gwir reizh da c’hallout komz e yezhoù henvroat dirak al lezioù-barn. En un doare hollekoc’h ​​e c’houlennomp groñs ma vo doujet d’hon gwir reizh da c’hallout bevañ e yezhoù henvroat pep hini en e diriad, evel ma c’hall ar c’hallegerien bevañ e galleg e Pariz.

Douar ha frankiz

Prohibir en nom de la Constitució francesa de declarar en llengua basca, bretona, catalana, corsa, occità… en els tribunals és una injustícia. En efecte:

-És absolutament il·legítim de prohibir a qualcús de declarar en els tribunals en la llengua autòctona d’un territori de l’Estat francès.

-Sem les llengües que parlem, nos prohibiu, doncs, de ser qui sem.

-La nostra dignitat és així trepitjada.

-Sem, d’aqueix fet, tractats com a ciutadans de segona categoria.

-Aqueix fet dona privilegis a aquells que volen viure en llengua francesa en els territoris on les llengües autòctones són altres.

No hi ha justícia lingüística per a les locutores i locutors de llengües autòctones minoritzades pels dirigents de l’Estat francès. La justícia consisteix, en efecte, a respectar la dignitat humana i a tractar de manera igualitària totes les persones.

Sobre la qüestió lingüística, la Constitució francesa és injusta, opresiva i lingüicida.

Exigim respecte del nostre dret legítim a poder declarar en llengües autòctones als tribunals. Més generalment, exigim respecte del nostre dret legítim a poder viure en llengües autòctones als nostres territoris respectius, exactamen com els francòfons poden viure en francès a París.

Fem Catalunya Nord

Impidì à nomu di a Custituzioni francesa di sprimà si in lingua corsa, basca, brittona, catalana, uccitana… in i tribunali hè un’inghjustizia. Infatti :

– Hè illighjittimu d’intardiscia à calchissia di sprimà si in lingua soia davant’à un tribunali di u statu francesu ;

– Semu a lingua chè no parlemu, c’impidiscini d’essa ciò chè no semu ;

– Hè calcicata a noscia dignità ;

– Semu trattati com’è citadini di siconda catiguria ;

– Hè fattu à prò di tutti quiddi chì volini campà in lingua francesa in ‘ssi loca dundi i lingui paisani sò altri.

Un c’hè ghjustizia linguistica pà i lucutori di ‘ssi lingui minurizati da i puteri publichi. Duvaria a ghjustizia rispittà a dignità umana è trattà ugnunu di listessa manera.

Annant’à quistioni linguistica h inghjusta è upprissiva a Custituzioni è circa di tumbà i nosci lingui.

Vulemu u rispettu di u nosciu drittu lighjitimu di pudè sprimà ci in lingua nustrali in i tribunali. Ma vulemu supratuttu u rispettu di u nosciu drittu lighjitimu di pudè campà in lingua noscia in i nosci loca com’è i francufoni campani francesu in Parighji.

Frantses Konstituzioaren izenean epaitegietan bretoieraz, euskaraz, katalanez, korsikeraz, okzitanieraz… deklaratzea debekatzea bidegabekeria da:

– ez baita inolaz ere zilegizkoa frantses Estatuko lurralde baten jatorrizko hizkuntzan epaitegietan deklaratzea norbaiti debekatzea;

– hitz egiten ditugun hizkuntzak garenez, garena izatea debekatzea delako;

– gure duintasuna zapaltzea delako;

– bigarren mailako herritar egiten gaituelako;

– jatorrizko hizkuntzak beste batzuk diren lurraldeetan frantsesez bizi nahi dutenak pribilegiatzen dituelako.

Frantses Estatuko agintariek gutxitutako jatorrizko hizkuntzen hiztunentzat ez da hizkuntza justiziarik, zeren justizia, giza duintasuna errespetatzea da eta pertsona guziak berdintasunez tratatzea da.

Hizkuntza arloan, frantses Konstituzioa bidegabea, zapaltzailea eta linguizida da.

Jatorrizko hizkuntzetan auzitegietan deklaratzeko dugun zilegizko eskubidea errespetatzea eskatzen dugu. Orokorkiago, gure lurraldeetan jatorrizko hizkuntzetan bizitzeko dugun zilegizko eskubidea errespetatzea eskatzen dugu, frantses hiztunak Parisen frantsesez bizi daitezkeen bezala.

EHE mugimenduko lau auziperatuak eta Baxenabarreko EHE

Deféner au nom de la Constitucion francesa de declarar en lenga basca, bretona, catalana, còrsa, occitana… devant los tribunaus qu’ei ua injustícia. En efèit:

– Qu’ei absoludament illegitime de defénder a quauqu’un de declarar devant los tribunaus dens ua lenga autoctòna d’un territòri de l’Estat francés;

– Qu’èm las lengas qui parlam, qu’èm donc interdits d’estar çò qu’èm;

– La nosta dignitat qu’ei atau trepejada;

– Qu’èm atau tractats com ciutadans de segonda categoria;

– Aquò que privilegia los qui vòlen víver en lenga francesa dens los territòris on las lengas autoctònas son autas.

N’i a pas nada justícia lingüistica entà las locutoras e locutors de las lengas autoctònas minorizadas peus dirigents de l’Estat francés. La justícia que consisteish en efèit a respectar la dignitat umana e a tractar de biaish egalitari totas las personas.

Sus la question lingüistica, la Constitucion francesa qu’ei injusta, opressiva e linguicida.

Qu’exigim lo respècte deu noste dret legitime a poder declarar en lengas autoctònas devant la justícia. Mei generaument, qu’eixigim lo respècte deu noste dret legitime a poder víver en lengas autoctònas dens los nostes territòris respectius, exactament com los francofònes pòden viver en francés a París.

Nous avons également pu faire un état des lieux en Bretagne dont voici le contenu : 

en janvier 2025 nous avons appris que la moitié des personnes parlant breton avaient disparue faisant passer cette population de 240.000 à 107.000. Certes l’âge moyen a franchement diminué, mais ce chiffre était encore dans les années 1950 de 1 million, soit une population divisée par 10 en 75 ans. Pour la première fois, le nombre de locuteurs de gallo , langue parlée en bretagne dans la partie est , est supérieure au nombre de brittophones. Au fil des siècles, le breton à été repoussé vers l’ouest, et aujourd’hui des panneaux routiers en breton dans la zone tampon sont tagués au nom du gallo. Des panneaux en breton de ville ayant toujours eu un nom breton bien qu’étant en zone gallo sont démontés par ce que les druides appellent des barbouzes du ministère de l’intérieur.Je ne pouvais pas parler de Bretagne sans parler des druides n’est ce pas ? non content d’avoir à subir la pression de l’état français faisant ce qu’il sait faire le mieux , détruire la diversité humaine au nom de son universalisme. nous devons faire face à des bretons qui mettent opposition nos deux langues là où il serait mille fois plus intelligent de faire comme on peut l’observer ici en corse: s’attaquer à la langue invasive, où ici les panneaux sont repeints. En corse il faudra noter l’effort d’inclusion avec la création de panneaux en braille. 

En 2020 l’état français à signé avec la région bretagne (englobant ⅘ du territoire breton) une convention devant mener à la scolarisation de 30.000 élèves en langues de bretagne chaque année. Il est à déplorer le peu d’écoles en gallo mais également la mise en concurrence des deux langues . Quand bien même cet accord serait suivi (ce qui n’est pas le cas puisqu’il y a eu à la rentrée une baisse des effectifs et que le chiffres ne dépassent toujours pas les 20.000 ), cela ne ferait qu’à peine 6000 élèves par département breton. Nous rappelons ici que la Loire Atlantique n’est pas concernée puisque le département comportant le château des ducs de bretagne est séquestré dans une région sans histoire et montée de toutes pièces en 1972. Cela fait donc 7500 élèves par département concerné si l’objectif était atteint. Se rend t’on compte du ridicule de ce chiffre face au million de locuteurs en 1950 ? 

Comme au pays basque les écoles existent.Lles centres de formation afin d’envoyer les professeurs se former existent . Que manque-t’il alors ? la volonté de l’état francais ! Interpellé lors d’une réunion publique, le président de région était fier de dire que la région forme 20 professeurs par an pour instruire nos enfants en breton . La population de la Bretagne est de 5 millions d’habitants. Ces 20 enseignants, bien que nécessaires , ne sont que des soins palliatifs pour nos langues. 

En 2025, la durée des émissions radio en breton à drastiquement diminué avec la disparition du breton de la radio ici breizh izel, tandis qu’à la télé c’est toujours le même problème . Il y a 3 minutes en breton prévues quand il n’y a pas plus important . La chaîne tv breizh qui devait être une chaîne en breton est aujourd’hui le mouroir de colombo… 

Dans le climat fascisant actuel , il a été rapporté à plusieurs reprises des demandes plus ou moins véhémentes de parler français . Si nous ne pouvons nous exprimer dans notre langue en privé, si nous ne pouvons le faire en public alors où le ferons nous ?  Pour rappel, le breton est la dernière langue celte continentale, avantage sur le basque dont les origines viennent des étoiles quant à la filiation, toutefois le sort des autres langues celtes n’est pas beaucoup meilleures avec le cornique , le mannaie et l’irlandais gravement en danger. L’état français , se vantant d’être le plus humain de tous puisque patrie des droits de l’homme , en oubliant les femmes … l’état français se grandirait à préserver , développer et protéger le breton . Ce que nous disons ici avec vous aujourd’hui nous le pensons pour toutes nos langues . Tout comme il n’y a pas de race supérieure, il n’y a pas de langue supérieure! 

Nous continuerons notre travail avec Euskal Herrian Euskaraz ainsi que toutes les organisations présentes lors de cet événement qui fut à la fois constructif , festif et revendicatif. 

ce qu’en dit la presse :

https://www.sudouest.fr/faits-divers/a-bayonne-des-militants-juges-veulent-imposer-la-langue-basque-au-tribunal-judiciaire-27627854.php?utm_term=facebook&utm_content=photo&utm_campaign=sudouest.paysbasque&utm_medium=Social%20Media&utm_source=nonli

https://www.kazeta.eus/eu/info_kz/20260131/eheko-kideek-erran-dutenez-euskaraz-aritzeko-ez-badaukate-auzian-ez-dute-parte-hartuko

https://www.mediabask.eus/fr/info_mbsk/20260131/bayonne-une-manifestation-pour-reclamer-le-droit-de-vivre-en-langue-basque

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